Dans TROIS CHANSONS, Laura Taler mêle chant, gestuelle et langage cinématographique dans une approche non narrative. Ancrée dans son histoire personnelle, celle d'une enfant qui a quitté la Roumanie, le film explore les liens familiaux, la perte et la dualité en retraçant la manière dont le déplacement se répercute à travers la voix, le corps et le lieu.
Apparaissant comme son double, Taler interprète trois chansons : une chanson roumaine dans une forêt allemande, un tango argentin dans la maison de sa grand-mère décédée en Roumanie, et une chanson yiddish, Romania Romania, mise en scène dans le théâtre historique Theatre im Delphi de Berlin et à la Gipsformerei, l'un des plus grands ateliers de reproduction en plâtre au monde.
Façonné par l'histoire personnelle et catalysé par la crise actuelle des réfugiés, TROIS CHANSONS examine la condition d'étranger et les relations tendues entre la langue, l'intraduisibilité, la perte et le deuil. L'œuvre réfléchit à la redéfinition de l'identité, en posant la question de savoir comment on peut se construire un foyer ailleurs et négocier ce qui a été laissé derrière soi, tout en imaginant et en créant de nouveaux avenirs.